Que Des Fais Divers A BElfont
C'est un pas de plus franchi dans la violence. Pour la première fois à Toulouse de façon aussi frontale, des policiers - trois fonctionnaires de la brigade anticriminalité (BAC) du Mirail - ont été pris à partie par un groupe d'une vingtaine de personnes. Dimanche, peu avant 2 heures du matin, près de la dalle Maurois, dans le quartier Bellefontaine, ces assaillants ne se sont pas contentés, si on peut dire, de caillasser les forces de l'ordre à distance. Armés de barres de fer et de divers projectiles (un alternateur de voiture a même été retrouvé), ils ont attendu les policiers de pied ferme alors que les fonctionnaires ramenaient vers leur véhicule un incendiaire qu'ils venaient d'interpeller. Les policiers ont subi un déchaînement de violence (notre édition d'hier). « Ils nous ont donné l'assaut quatre fois », témoigne l'un d'eux. « Ce soir-là, affirme-t-il, ils ont franchi un cap. » Les trois policiers ont été blessés. L'un d'eux surtout a reçu une brique jetée en pleine figure. Sa mâchoire n'est pas fracturée comme on l'a craint un temps mais elle est déplacée. Et il souffre de sérieux problèmes de dentition. « Ils avaient du mal à imaginer ce qu'ils venaient de vivre », rapporte, lui aussi choqué, un officier. « À terre, le policier a cru son dernier moment arrivé. Ses collègues l'ont traîné dans la voiture. Ils criaient : arrêtez, on va tirer ! Deux minutes plus tard, après les flash-balls et les lacrymogènes, ils étaient obligés d'utiliser leur arme. »
« Il y avait vraiment la volonté de faire mal », dénonce le patron de la police toulousain, Jean-Paul Breque. Optimiste, le préfet, Jean-François Carenco, veut voir dans ce violent accrochage le signe « qu'on fait du mal aux trafiquants. On est en train de gagner », assure-t-il. Pour lui, cette délinquance est sous-tendue par le business de la drogue. Une augmentation des effectifs, rappelle -t-il, est prévue pour la rentrée (lire ci-dessous).
Outre le jeune homme soupçonné d'avoir incendié une voiture, trois jeunes d'une vingtaine d'années ont été arrêtés dimanche. Et un cinquième hier matin. Pendant leur garde à vue, tous ont nié les faits mais aussi leur simple présence sur les lieux. Les policiers de la BAC les ont pourtant bien reconnus. Mieux, à force d'arpenter le quartier, ces derniers savaient à qui ils avaient affaire. Les cinq jeunes ont été présentés hier, vers 18 heures, au palais de justice. Ils ont été écroués dans la soirée.